La route de l’alchimiste

16 juin 2016

Ces 30 heures.

Depuis ces 7 derniers jours je me trouve au sud des Pays-bas chez mon tonton à Maastricht. Durant ces jours, j’y ai rechargé mes batteries, redémarré les compteurs. Je trouve alors une aubaine pour descendre en Afrique (Maroc) pour quelques dizaines d’euros.

10:45 
Au matin, je prend la route en train.Il me faut parcourir quelques 150 km pour me rendre de l’autre coté de la Belgique à Charleroi .

14:45
J’arrive à l’aéroport en sueur, cours, bouscule mais trop tard ; mon avion vient de décoller. Maman j’ai raté l’avion. Panique,panique, panique. Que faire ?
Je fixe alors cet écran de départ : TB3593 Espagne. Les portes ferment dans 5 minutes. À cet instant, une chose magnifique survient : l’inconscience, oui, l’inconscience pure . Je ne pense pas, je cours acheter un billet. *Je commence à adorer ces moments d’inconfort et d’instinct.

15: 30
J’arrive aux douanes, ce policier  m’intercepte, me fouille et trouve mon couteau.
« monsieur, que faites-vous avec un couteau dans votre sac ?  »
Je lui explique qu’il m’est essentiel sur la route du solitaire. Il me le confisque, je pars à la fuite pour ne pas rater une seconde fois l’avion.

19:30
J’atterris en Andalousie, Malaga. Que faire maintenant ? Tu es là en Espagne, que fais tu ô toi le dît vagabond ? Je rencontre alors Jamal. Ce gangster Andalou me mène en ville et m’offre même un toit où dormir. Je refuse par politesse. C’est alors que je retrouve un ami de mon papa (vagabond d’hier) et passe la nuit chez lui.

9:00
Au port, à la premiere heure au matin je prend un bateau pour l’Afrique.

Une fois arrivé au port d’Eddalya, le douanier m’intercepte et me confisque mon passeport. « Si tu veux ton étampe, il te faut me donner un cadeau l’ami. »

Corruption ô corruption ! Ce douanier commence alors à me raconter son rêve de quitter le Maroc et de vivre de l’autre côté de l’océan . Je me fais son ami en lui racontant mon périple.

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Le douanier m’a laissé passer et m’a même tracé le trajet pour descendre au Sud.
« Mon ami, une fois à la gare maritime tu marcheras quelques mètres pour te rendre à ce rond-point. Oui celui là ! Les taxis y sont beaucoup moins chers, mais je te préviens ils ne seront pas du plus grand confort. Ensuite, tu arriveras dans cette petite ville du nord Ksar Sghir où tu prendras un autre taxi bondé de paysans. Il te posera à la gare de Tanger. Là bas, je veux que tu cherche pour moi un Toufik ou bien Ben Omar. Tu leur passe le salam et tu leur dis que c’est moi qui t’envoie et que tu veux descendre à Asfi au sud. L’un ou l’autre d’entre eux te prendra sous son aile et te mènera au bus du sud. »

13:30
Je suis à ce rond-point, avec ce nouvel ami qui va lui aussi à Tanger. Driss, sorti de prison il y’a quelques jours doit se rendre au tribunal de la ville. Un taxi nous récupère. Nous sommes, moi et lui, coincé avec 4 autres paysans sur la banquette arrière.

14:00                                                                                                                                                                       Le taxi ne nous dépose pas plus loin. Le panneau indique Ksar Sghir. Ce village paraît minuscule. Assis sur ce rocher j’observe l’Espagne de l’autre côté de la mer. Driss loin derrière crie : « Khoya ! Ce taxi démarre maintenant pour Tanger. Allez viens ! »

14:30
Je suis à cette gare enfin. Je cherche Toufik et Ben Omar. Cet homme me pointe Ben Omar.
« C’est lui , oui ! Vas le voir avant que le bus démarre »
Je le rencontre, lui passe ce salam que lui a envoyé le douanier. Il rigole, m’invite à prendre place dans son autocar.
« La route sera longue mon frère. Nous avons 11h devant nous. Prend place ici et repose toi. »

16:30
Je n’ai toujours pas fermé l’oeil. Dans l’autocar il fait chaud, le rideau à ma gauche est marqué par un vomi fraichement séché et le soleil tape et pénètre mon crâne. Pourtant, je me rend bien compte que ce que je vis à l’instant ne peux être plus magnifique. Je n’ai dormis que quelques heures la veille. J’empeste, je suis en sueur, je n’ai pas de téléphone et j’ai faim mais je réalise que tout cela fais partie de mon film, mon histoire.

19:30
On s’arrête dans une petite gare de Casablanca. Je rencontre alors Ben Nassim, ce vagabond du désert qui se promène sur la côte sans avoir de domicile fixe. Pantalon un peu trop court, une vieille chemise, de longs cheveux attachés par un lacet et un sourire béant vidé de dents (il lui en restait 6) . Son parcours de vagabond me fascine. Assis autour d’un thé et d’une soupe il me parle du désert. Je ferme les yeux et imagine ce soleil couchant, ces nuits froides et ces tribus nomades qui vibrent aux rythmes des chants gnawi. Je rêve depuis tout petit de vivre auprès de ces gens mystiques quelques jours voire quelques semaines.

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L’autocar me dépose à la gare de Asfi, la ville qui m’a vu naître. Je marche en direction de la maison de famille. L’odeur de l’océan, le son des klaxons, les cafés bondés de ces gens qui vivent le soir et dorment le jour en ce mois de Ramadan. Le vagabond revient à ses origines.

 

 

 

Ce voyage prend l’allure, jour à jour, d’un pèlerinage. De véritables personnages que je rencontre sur la route à chaque jour. Tous ces étrangers ont une histoire à raconter, je veux les écouter.

 

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